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Éviter les erreurs en ludopédagogie : les 3 erreurs fondamentales à éviter quand on veut apprendre (ou faire apprendre) en s’amusant

Le jeu en formation professionnelle, c’est sérieux. Voici les 3 erreurs qui ruinent le ROI (objectif flou, mécanique mal choisie, jeu “autosuffisant”) — et comment les éviter, notamment pour des équipes RH et responsables formation en Franche-Comté.

Participants en formation : collaboration et apprentissage
Le ludique fonctionne… à condition d’être au service d’une stratégie pédagogique.

Ludopédagogie • Stratégie formation • ROI

Objectif : aider les responsables formation, RH et managers à sécuriser des dispositifs ludiques réellement utiles, mesurables et transférables.

S’amuser, c’est sérieux : la rigueur avant tout

« S’amuser, jouer, ajouter un côté ludique… » On l’entend souvent. Et pourtant, en formation professionnelle, l’apprentissage engage du temps, des budgets et une responsabilité : produire des compétences utiles. La ludopédagogie ne remplace pas la rigueur — elle l’exige.

Dans le Jura et plus largement en Franche-Comté, les responsables RH, responsables formation et dirigeants doivent souvent justifier le retour sur investissement (ROI). Le jeu peut devenir un levier formidable d’engagement et d’apprentissage, à condition de ne pas tomber dans trois erreurs classiques.

🎯 Point de repère

Le jeu est un outil au service d’une stratégie pédagogique. Pas une fin en soi.

Erreur n°1

Jouer pour jouer (le jeu “bouche-trou”)

Le jeu n’est pas un bouche-trou. Ce n’est ni un gadget, ni une activité improvisée pour “remplir un creux”. Sans objectif pédagogique clair, il risque de divertir… sans faire apprendre.

🚫 Ce qui ne fonctionne pas

Un quiz “pour finir” sans consigne ni lien direct avec l’objectif : agréable, mais sans ancrage ni transfert.

✅ Ce qui fonctionne

Un jeu d’association court (règle ↔ conséquence ↔ action) pour vérifier la compréhension d’une nouvelle réglementation, corriger les erreurs, et faire reformuler les points-clés.

La question clé de l’ingénierie pédagogique

Avant de choisir un jeu, une seule question doit guider la préparation : Pourquoi ? Qu’est-ce que les apprenants doivent retenir, comprendre ou être capables de faire ?

1

Écrire l’objectif

Une phrase simple, mesurable : “citer 5 étapes”, “expliquer le pourquoi”, “appliquer sur un cas”.

2

Annoncer l’objectif avant de jouer

On oriente l’attention : on joue pour apprendre, pas seulement pour gagner.

3

Vérifier le transfert

2 questions à chaud + 1 mini-cas concret pour relier le jeu au travail réel.

⚠️ Risques si on “joue pour jouer”

Perte de temps, dilution du message, et perte de crédibilité (surtout avec des adultes). Un bon jeu doit être au service de l’objectif.

Erreur n°2

Se contenter de n’importe quel jeu

Deuxième piège : penser que “n’importe quel jeu” fera l’affaire du moment qu’il est ludique. Une mécanique mal choisie détourne l’attention vers la compétition, la vitesse ou le stress — au détriment de la compréhension.

Choisir la bonne mécanique pour le bon objectif

🏁 Compétition

Idéale pour un diagnostic rapide, réveiller l’attention, mobiliser l’énergie (à doses maîtrisées).

🤝 Coopération

Parfaite pour les soft skills : communication, entraide, gestion de conflits, cohésion d’équipe.

🧱 Simulation / Construction

Idéale pour les procédures, la prise de décision, la compréhension “système”.

🧩 Résolution d’énigme

Top pour l’analyse, la logique, l’investigation, l’esprit critique (prévoir des rôles si niveaux hétérogènes).

🗓️ Classement / Chronologie

Parfait pour structurer des étapes, hiérarchiser, comprendre “ce qui vient avant / après”.

🧠 Exemple concret (protocole)

Objectif : donner du sens à chaque étape. Un “Memory” favorise surtout la mémorisation de l’image. Un jeu type “Timeline” oblige à réfléchir à la logique des étapes et à leur utilité — l’objectif pédagogique est mieux servi.

Erreur n°3

Croire que le jeu est la réponse à tout

Le jeu n’est pas une recette miracle. Il ne remplace pas les explications, ni une mise en situation complète. Il doit s’intégrer dans un dispositif : amont (cadre) + jeu (expérience) + aval (débriefing).

Le débriefing : l’étape cruciale post-jeu

C’est ici que l’expérience ludique se transforme en savoir applicable. Sans débriefing, on a souvent “joué”… sans apprendre.

Les 3 questions à poser (simple et efficace)

  • Qu’avons-nous fait ? (faits observables)
  • Qu’avons-nous appris ? (notions / points-clés)
  • Comment l’appliquer au travail ? (1 cas concret, 1 action)
Le jeu est-il une méthode de formation complète ?
Non. Le jeu est une méthode et un outil, mais il ne se substitue pas aux explications ni aux mises en situation. Le débriefing et l’ancrage sont indispensables pour un transfert de compétences réussi.
Comment choisir un jeu adapté à une notion complexe ?
En partant de l’objectif (ce que l’on veut faire apprendre), puis en sélectionnant une mécanique compatible : coopération, simulation, chronologie ou construction plutôt que vitesse/compétition.
Pourquoi annoncer l’objectif avant de jouer ?
Parce que cela oriente l’attention : les apprenants comprennent ce qu’ils doivent observer, retenir et transférer. L’engagement devient plus “utile” et moins uniquement récréatif.

Conclusion : utiliser la force du jeu… avec conscience

Une fois ces 3 erreurs évitées, la ludopédagogie devient un levier puissant : plus d’engagement, plus de mémorisation, plus de transferts concrets. Le succès repose sur trois piliers : objectif, mécanique, intégration + débriefing.

Besoin d’un cadre clair et efficace ?

Coralie & Sarah accompagnent les organisations dans la conception de formations ludiques réellement utiles, mesurables et adaptées au contexte (Jura / Franche-Comté).

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